Slam poésie en Wolof

Posted on

L’un des défis pour l’année 2016 est d’écrire mon propre slogan de poésie dans les langues dans lesquelles j’ai atteint un bon niveau de compréhension comme le français et le wolof, ma langue maternelle mais aussi l’espagnol, le portugais et le chinois mandarin.

 

J’ai eu l’occasion de présenter à New York mon premier slam poétique en wolof, Bitim Reew Mitina, qui signifie vivre à l’étranger et lutter. Il résume toutes les phases que j’ai franchies lorsque j’ai décidé de sortir de ma zone de confort.

 

En tant que fille d’immigrés sénégalais, je voulais exprimer la complexité de l’appartenance à de nombreuses cultures et, en même temps, se sentir rejetée de son lieu de naissance.

Bitim Reew est pour nous tous, fils et filles d’immigrants et pour les immigrants eux-mêmes.

 

Bitim Reew Mitina

Vivre à l’étranger et lutter

 

Lou bari metinama suma xolé vie bi immigrés;

Mon cœur se désintègre quand je pense à ce que les immigrants ont à faire.

 

Sama xol dena dal ci nit gui amul kër;

Je pense à ceux qui n’ont pas d’abri confortable

 

Sama xol dena dem ci yen gui amul famille;

Je pense à ceux qui ont laissé leur famille derrière eux;

 

Déféna amna nit lou bari ci situation bi, homme timit amuna sama famille;

Je pense que beaucoup de gens sont dans cette situation. J’ai aussi quitté la mienne.

 

Man tamit immigrés la ;

Je suis aussi un immigrant.

 

Magui jdudo Faraas mais amuma kër bu fix;

Je suis né en France mais je n’ai jamais eu l’impression d’être chez moi.

 

Bes bi dena bugue delluwate ci Sénégal, dema nek immigrés;

Quand je pense retourner au Sénégal, les gens vont me considérer comme un immigrant;

 

Bes bi dema dellussé ci Faraas, mome tamit dénama considérer

comme immigrés ;

Si je retourne en France, la majorité de mes concitoyens me considèrent comme un immigrant aussi;

 

Fal la tal? Khamuma! Magui tallal sama loxo ci asamaan: Yallah dimbalema!

Que suis-je supposé faire? Je n’ai aucune idée ! Je lève la tête vers le ciel pour demander de l’aide: Dieu, aide-moi s’il te plaît!

 

Sama yaye, pape, rakes ak sama xarit nekunufi, lolu mitinama ;

Ma mère, mon père, mes frères, mes soeurs et mes amis les plus proches ne sont pas là pour me remonter le moral, je souffre en silence;

 

Nitni xalat, amna xalis bu bari, dena voyager bu bari;

Beaucoup d’entre eux pensent que je gagne beaucoup d’argent et que je voyage beaucoup;

 

Bokhamon sama vie bi fi manek, do na ñé;

Mais s’ils connaissaient mes combats, ils auraient plus de compassion pour moi;

 

Amna fan talluma leek ak naan;

Certains jours, je ne bois ni ne mange même pas;

 

Amuna xalis ci sa ma poche;

Certains jours, je n’ai pas un seul sou dans ma poche;

 

Dema dow gudi ak béchèk suis lu tuti ak man;

Je poursuis mon rêve jour et nuit;

 

Malgré sama difficultés dema sante Yallah , bail lep ci mom

Malgré mes difficultés, je reste forte et je laisse tout entre les mains de Dieu.

 

Bitim reew mitina mais magui sante Yallah.

Je vis à l’étranger et je me luttes mais Dieu prend soin de moi.

  • Share

0 Comments

Leave a comment

Your email address will not be published.